Modèle de facture : télécharger et adapter la trame
Modèles historiques Word et Excel : vérifiez les mentions, la TVA, le paiement et les exigences de facturation électronique avant émission.
- Télécharger les trames historiques
- Vérifier d’abord l’opération et le destinataire
- Les rubriques à contrôler dans le modèle
- Numérotation et précision des prestations
- Ce que change la facturation électronique
- Exemple hypothétique : une facture de prestation entre deux sociétés
- Sanctions et conservation
- Quelles données personnelles figurent sur une facture ?
- Contrôle avant envoi
- Ce qu’il faut retenir
- FAQ
Un modèle de facture aide à organiser les informations, mais sa mise en page ne garantit ni les mentions légales ni le bon traitement de TVA. Les fichiers proposés à l’origine de cet article sont des trames historiques : ils doivent être adaptés avant toute utilisation. Depuis le 1er septembre 2026, il faut aussi vérifier si la facture doit circuler par une plateforme agréée.
Télécharger les trames historiques
Les deux fichiers restent disponibles : modèle Word historique et modèle Excel historique.
Ces documents ne constituent pas des modèles certifiés conformes en 2026. La trame Word, par exemple, contient des champs génériques de société, de lignes et de taxes : elle ne sélectionne pas les règles françaises applicables à votre entreprise. Utilisez-la comme support de préparation, puis contrôlez les rubriques ci-dessous et le mode d’émission requis. N’envoyez pas un fichier comportant encore des champs d’exemple ou une formule non vérifiée.
Vérifier d’abord l’opération et le destinataire
La facturation entre professionnels relève notamment de l’Art. L. 441-9 du Code de commerce. Ce texte prévoit la délivrance de la facture lors de la livraison ou de la prestation dans les conditions fiscales applicables, et impose à l’acheteur de la réclamer. Les opérations avec un particulier et les régimes particuliers appellent une vérification distincte : il serait inexact d’appliquer une formule unique à toute vente. Source : section facturation du Code de commerce.
Avant de remplir le document, identifiez donc vendeur, acheteur, pays, nature de l’opération et régime de TVA. Une prestation nationale, une opération internationale et une vente sous franchise en base ne se traitent pas par une simple modification du taux dans la cellule « taxes ».
Les rubriques à contrôler dans le modèle
| Bloc | Contrôle à effectuer |
|---|---|
| Parties | Identités, adresses et identifiants adaptés à la forme de l’entreprise et à l’opération |
| Identification de la facture | Date d’émission et numéro unique selon une séquence chronologique et continue |
| Opération | Date pertinente, biens ou services précisément décrits, quantités et prix unitaires |
| Calculs | Réductions, bases et montants de TVA par taux, totaux cohérents |
| Régime fiscal | Mentions justifiées d’exonération, de franchise, d’autoliquidation ou de régime particulier |
| Règlement professionnel | Échéance, escompte, pénalités de retard et indemnité de recouvrement applicables |
| Commande | Numéro du bon de commande préalablement établi par l’acheteur |
L’Art. 242 nonies A de l’annexe II au CGI détaille les mentions fiscales et leurs exceptions. La fiche du ministère de l’Économie présente les principaux contrôles. La liste doit être adaptée : un entrepreneur individuel, une société et une opération soumise à un régime particulier ne requièrent pas exactement les mêmes indications.
Ne recopiez pas « TVA non applicable » parce que le montant est faible ou parce que vous êtes micro-entrepreneur. Vérifiez le régime réellement applicable. De même, toute opération européenne n’est pas automatiquement une prestation autoliquidée : il faut qualifier la transaction.
Numérotation et précision des prestations
Définissez la séquence avant d’émettre. Plusieurs séries peuvent être justifiées par les conditions d’exercice de l’activité, mais elles ne doivent pas devenir un moyen de remplacer silencieusement une facture. Une erreur déjà émise doit être traitée par le procédé correctif adapté, comme expliqué dans le guide sur la facture d’avoir.
Décrivez les prestations de manière suffisamment précise. « Conseil » ou « intervention » peut être trop vague pour comprendre les diligences et la période concernées. Ajoutez les précisions utiles sans recopier des informations confidentielles étrangères à la facturation. Les données nominatives et les détails de santé, par exemple, appellent une attention particulière : voir les données personnelles sur les factures.
Ce que change la facturation électronique
Pour les opérations entrant dans la réforme, un document Word, un tableur ou un PDF ordinaire envoyé par courriel ne suffit pas à constituer la facture électronique attendue. Le circuit doit respecter le format et la transmission par plateforme agréée. Le ministère confirme l’entrée en vigueur du premier palier au 1er septembre 2026 : réception pour les assujettis concernés, émission et transmission de données pour les grandes entreprises et ETI ; le palier PME et micro-entreprises intervient au 1er septembre 2027. Source : présentation officielle actualisée.
Vérifiez le calendrier de facturation électronique et le champ de vos opérations. Être dispensé de collecter la TVA au titre de la franchise en base ne signifie pas, à lui seul, être hors du dispositif.
Les mentions nouvelles comprennent notamment le Siren du client, l’adresse de livraison différente, la catégorie de l’opération et l’option pour la TVA sur les débits lorsqu’elle existe. Leur application suit les dispositions transitoires, dont le report prévu pour certaines PME et micro-entreprises ; il ne faut pas annoncer une échéance unique pour toutes les factures. Le guide des mentions de facture électronique aide à préparer les champs correspondants.
Exemple hypothétique : une facture de prestation entre deux sociétés
Prenons un exemple fictif : une société de conseil facture une société cliente pour 12 jours de mission à 600 € HT, soit 7 200 € HT. À 20 %, la TVA est de 1 440 € et le total de 8 640 € TTC. Le contrôle ne se limite pas à ces chiffres. Il faut vérifier que la ligne décrit la mission et sa période, que la date de l’opération figure si elle diffère de la date d’émission, que le numéro de bon de commande du client est repris s’il existe, et que l’échéance est cohérente avec le contrat.
Dans la zone de règlement, l’exemple doit mentionner les conditions d’escompte (ou leur absence), le taux des pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 €. Selon l’article L. 441-10 du Code de commerce, le taux des pénalités ne peut pas être inférieur à trois fois le taux d’intérêt légal ; à défaut de mention contractuelle, le taux légal prévu par ce texte s’applique, mais l’omettre de la facture reste une irrégularité.
Pour une facture électronique soumise à la réforme, cet exemple devrait en outre porter le Siren du client, la catégorie de l’opération (ici, prestation de services) et, le cas échéant, l’option pour la TVA sur les débits.
Sanctions et conservation
Une facture irrégulière n’est pas un simple défaut de forme. Le non-respect des règles de facturation entre professionnels expose à une amende administrative que le Code de commerce plafonne à 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale (art. L. 441-16). L’administration fiscale peut en outre sanctionner l’omission de mentions ou l’absence de facture sur le fondement de l’article 1737 du CGI, cité par la fiche du ministère de l’Économie, qui ne détaille toutefois pas les montants. Vérifiez le texte à jour sur Légifrance avant de chiffrer un risque.
Le ministère de l’Économie indique une conservation des factures de dix ans, au titre des obligations comptables. Cette durée est une exigence de conservation, non un droit d’accès généralisé : la facture reste archivée pour la comptabilité, avec des accès limités à ceux qui en ont besoin.
Quelles données personnelles figurent sur une facture ?
Une facture adressée à une entreprise individuelle, à un professionnel libéral ou à un particulier contient des données personnelles : nom, adresse, parfois adresse électronique, téléphone ou détail de la prestation. Leur collecte est justifiée par une obligation légale (Art. 6(1)(c) du RGPD) et, pour la relation commerciale, par l’exécution du contrat (Art. 6(1)(b)). Le principe de minimisation de l’Art. 5(1)(c) conduit à ne pas ajouter au modèle des champs inutiles, par exemple la date de naissance du client ou une information de santé dans le libellé d’une prestation. Le principe de limitation de la conservation de l’Art. 5(1)(e) se combine avec les durées comptables : une fois le délai écoulé, la facture ne doit plus être conservée sans justification. Voir aussi la durée de conservation des données et le choix de la base légale.
Contrôle avant envoi
Prenez une facture représentative et rapprochez-la de la commande, de la livraison ou de la prestation. Vérifiez les identités, le régime fiscal, les calculs et l’échéance. Contrôlez ensuite le fichier réellement transmis : des rubriques visibles à l’écran peuvent être omises dans un export ou mal affectées dans les données structurées.
Conservez la version émise et sa traçabilité selon le régime applicable. N’utilisez pas le dossier comptable comme répertoire ouvert à toute l’équipe commerciale. Les accès nécessaires au paiement et ceux nécessaires à une campagne marketing répondent à des finalités différentes.
Ce qu’il faut retenir
- Les fichiers Word et Excel proposés sont des trames historiques à adapter.
- Les mentions dépendent de l’entreprise, de l’opération et du régime fiscal.
- La séquence de numérotation et les corrections doivent rester traçables.
- Un modèle bureautique ne remplace pas le circuit obligatoire de facturation électronique.
- Les pénalités de retard, l’indemnité de 40 € et les conditions d’escompte doivent figurer sur la facture professionnelle.
- Les factures contiennent des données personnelles : minimisez les champs, limitez les accès et respectez les durées de conservation.
FAQ
Puis-je envoyer directement le modèle téléchargé ?
Il faut d’abord adapter et contrôler les champs, les calculs et le régime applicable. Pour une opération soumise à la facturation électronique obligatoire, la transmission doit aussi respecter le dispositif requis.
Le format Excel est-il interdit ?
Un tableur peut servir à préparer des données. Cela ne signifie pas que son envoi au client satisfait aux exigences de format et de transmission de la réforme.
Le modèle couvre-t-il tous les secteurs ?
Non. Des mentions ou modalités propres à l’activité, au client et au régime fiscal peuvent s’ajouter. Un modèle général doit toujours être rapproché de l’opération concrète.
Combien de temps faut-il conserver une facture ?
Le ministère de l’Économie indique dix ans au titre des obligations comptables. Cette durée dépend du type de document et du régime applicable ; passé ce délai, la suppression ou l’anonymisation doit être organisée.
Faut-il faire figurer le Siren du client sur toutes les factures ?
Depuis le 1er septembre 2026, le Siren du client fait partie des mentions nouvelles annoncées par le ministère. Son application suit les dispositions transitoires selon la taille de l’entreprise et l’opération, comme expliqué ci-dessus.
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Thiébaut Devergranne est docteur en droit et fondateur de donneespersonnelles.fr. Il travaille depuis plus de vingt ans sur le droit des technologies et la protection des données personnelles.