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Mardi 29 septembre 2026
Facturation

E-reporting : opérations, données et délais en 2026

E-reporting : distinguer transactions et paiements, qualifier les opérations et appliquer les fréquences de transmission selon le régime de TVA.

L’e-reporting ne signifie pas transmettre chaque vente dans les dix jours. Il faut distinguer les données de transaction et les données de paiement, puis appliquer la fréquence correspondant au régime de TVA. Une entreprise peut être concernée par l’un de ces flux, par les deux, ou ne pas avoir d’opération à déclarer au titre d’un flux donné.

Ce qu’il faut retenir

  • Les transactions avec des non-assujettis et certaines opérations internationales relèvent du reporting de transaction.
  • Les données de paiement répondent à un champ distinct, lié notamment à la TVA exigible à l’encaissement.
  • Les ventes B2C sont globalisées par jour, mais transmises selon une périodicité déterminée.
  • Les obligations passent par une plateforme agréée et ne remplacent pas les déclarations fiscales existantes.

Qualifier les opérations concernées

La DGFiP présente les opérations B2C, les exportations, certaines prestations internationales et les acquisitions intracommunautaires parmi les situations à examiner. Le reporting ne couvre donc pas uniquement les ventes. Les opérations exonérées et dispensées de facturation sur le fondement des articles 261 à 261 E du CGI sont exclues selon les règles précisées par l’administration. Guide DGFiP.

Pour les achats étrangers, distinguez notamment une acquisition intracommunautaire, une prestation et une importation. Le tableau officiel place les importations ordinaires concernées par les données douanières hors du reporting de transaction décrit, avec ses précisions territoriales. Il serait donc erroné de transmettre indistinctement « tous les achats à l’étranger ». Tableau officiel du champ des opérations.

Documentez la qualification avec le comptable : nature de l’opération, qualité des parties, établissement, territorialité, exonération et éventuel régime particulier. Le calendrier fixe ensuite votre date d’entrée dans l’obligation.

Séparer les données de paiement

Le paiement peut devoir être déclaré pour des opérations dont la TVA est exigible à l’encaissement. Ce n’est pas une « option pour les encaissements » à confondre avec l’option pour les débits. Il faut tenir compte de cette dernière et des opérations autoliquidées.

Une prestation B2B facturée électroniquement peut donc nécessiter un suivi de paiement en plus de la facture. Le champ actuel ne se limite toutefois pas aux services : les acomptes sur biens dont la TVA est exigible à l’encaissement doivent aussi être examinés. L’article 290 A, modifié par la loi 2026-103, renvoie à cette exigibilité, hors taxe due par le preneur. CGI, Art. 290 A. Pour une facture électronique, le suivi s’appuie sur le statut « encaissée » lorsque les données de paiement sont dues.

Le guide du cycle de vie détaille les responsabilités. Pour un paiement partiel, rapprochez le montant effectivement encaissé ; une date d’échéance n’est pas une donnée de paiement réel.

Appliquer la bonne fréquence

Les articles 41 septies M et P de l’annexe IV du CGI distinguent les échéances suivantes. Le reporting de transaction et celui de paiement ne suivent pas toujours la même fréquence. Textes en vigueur au 28 septembre 2026.

Régime Données de transaction Données de paiement, lorsqu’elles sont dues
Réel normal mensuel Trois périodes par mois ; transmission dans les dix jours suivant chaque période Mensuelles, dans les dix jours après la fin du mois
Réel normal trimestriel Mensuelles, dans les dix jours après la fin du mois Même rythme mensuel
Réel simplifié, y compris régime agricole visé Mensuelles, entre le 25 et le 30 du mois suivant Même fenêtre mensuelle
Franchise en base ou remboursement forfaitaire agricole visé Bimestrielles, entre le 25 et le 30 du mois suivant les deux mois concernés Même fenêtre bimestrielle si le flux est dû

Pour le réel normal mensuel, les périodes de transaction couvrent les jours 1 à 10, 11 à 20 et 21 à la fin du mois. La DGFiP publie un tableau mis à jour en août 2026, avec la particularité du mois de février. Tableau des fréquences et délais.

Une caisse peut produire un total quotidien sans que cela signifie une transmission quotidienne obligatoire. Paramétrez la période, sa clôture et l’échéance avec votre prestataire ; ne déduisez pas le rythme du seul nom de votre déclaration de TVA.

Organiser la collecte et le contrôle

Construisez une correspondance entre caisse, boutique en ligne, logiciel de vente, achats et plateforme. Attribuez un responsable à chaque source. Vérifiez qu’une même opération n’entre pas deux fois dans les totaux, par exemple depuis un ticket et une facture reprenant cette vente.

Préparez un rapprochement entre les données comptables et les données transmises : bases, TVA, périodes et corrections. La plateforme transmet les données ; elle ne connaît pas nécessairement les opérations oubliées dans votre logiciel.

Vérifiez la preuve de dépôt, les retours et la résolution des erreurs. Le guide de choix de plateforme aide à préciser qui prépare, contrôle et corrige chaque flux. Les manquements et sanctions doivent être distingués selon l’obligation ; consultez le guide des sanctions de facturation électronique.

Limiter les données personnelles

Les agrégats B2C ne justifient pas d’ajouter spontanément les noms et adresses des consommateurs. Transmettez les données prévues pour le flux et limitez les accès aux données détaillées dans vos systèmes. La conformité RGPD de la facturation s’applique aussi à la préparation du reporting.

Préparer une fiche par famille d’opérations

L’entreprise peut commencer par ses flux récurrents, puis isoler les exceptions. Une fiche de qualification devrait préciser qui vend ou achète, où les parties sont établies, quelle opération est réalisée et pourquoi elle entre dans un dispositif. Conservez la pièce permettant de vérifier chaque réponse. La simple présence d’un numéro de TVA étranger ne résout pas toutes les questions de territorialité.

Ajoutez deux décisions séparées : transaction à transmettre et paiement à transmettre. L’Art. 290 du CGI définit le premier champ ; l’Art. 290 A définit le second. Une case unique « reporting : oui » risque de masquer le flux effectivement attendu. De même, une opération hors reporting de transaction n’est pas nécessairement dispensée de toute obligation de facturation, de comptabilité ou de TVA.

Pour les cas encore incertains, indiquez la question exacte et son responsable : établissement impliqué, nature du bien, régime d’exonération ou redevable de la taxe. Ne transformez pas « information à obtenir » en « opération exclue ». Organisez la résolution avant l’échéance, avec le comptable ou le conseil compétent. Le logiciel pourra appliquer une règle seulement après sa qualification.

Rapprocher les opérations, les paiements et les périodes

Voici un scénario entièrement fictif destiné à préparer le contrôle. Capucine, entreprise au réel normal mensuel déjà entrée dans l’obligation, réalise une prestation taxable à 20 % pour un particulier en France. On suppose le service achevé le 9 octobre, facturé 1 200 euros TTC, sans option pour les débits ni autoliquidation. Le client verse 480 euros le 9 octobre, puis 720 euros le 3 novembre.

Dans ces hypothèses, la transaction du 9 octobre appartient à la première période d’octobre. Sa transmission intervient dans le délai correspondant à cette période. Les paiements se répartissent entre octobre et novembre : le premier représente 400 euros hors taxe et 80 euros de TVA, le second 600 euros hors taxe et 120 euros de TVA. Les données de paiement suivent leur rythme mensuel propre. Ce découpage n’ajoute pas une seconde vente de 1 200 euros au reporting.

Le contrôle proposé consiste à rapprocher la pièce commerciale, les encaissements, les agrégats quotidiens concernés et les transmissions de chaque période. Le total de trésorerie doit pouvoir s’expliquer sans confondre date de facture, réalisation de l’opération, échéance et paiement. Cet exemple ne qualifie ni un acompte antérieur à la prestation ni une opération bénéficiant d’un régime particulier.

Si le rapprochement fait apparaître un écart, recherchez d’abord sa nature. Un montant transmis deux fois, un règlement affecté au mauvais client et une opération classée dans la mauvaise période appellent des corrections différentes. Modifier seulement le total final peut rendre impossible la compréhension des pièces à l’origine de l’écart.

Prévoir la correction avant le premier envoi

Demandez au prestataire comment consulter la transmission préparée, reconnaître celle qui a été acceptée et corriger une donnée après envoi. Précisez les références qui permettent de relier une correction à son origine. Une procédure interne peut conserver la version initiale, le motif, l’auteur de la correction et le retour reçu ; elle ne doit pas conduire à retransmettre aveuglément toutes les opérations d’une période.

Un statut technique positif ne garantit pas que toutes les opérations de l’entreprise ont été collectées. Les contrôles de présence, d’identification et de cohérence prévus notamment par l’Art. 41 septies K ont un périmètre défini. Ils ne remplacent pas le rapprochement avec les caisses, les achats et les encaissements que la plateforme n’a pas reçus.

Attribuez donc trois responsabilités : confirmer l’exhaustivité des sources, valider les qualifications fiscales et suivre les retours de transmission. Une même personne peut cumuler ces tâches dans une petite structure, mais elle doit savoir lesquelles ont été accomplies. Prévoyez son remplacement et l’accès aux justificatifs lorsqu’une erreur arrive pendant son absence.

Enfin, gardez une preuve du paramétrage retenu : régime de TVA, périodes, sources connectées et date d’application. Réexaminez-la en cas de changement de régime, de nouvelle activité ou de remplacement de logiciel. Le calendrier antérieur ne doit pas continuer par défaut sans que ses conditions aient été vérifiées.

Questions fréquentes

Une déclaration trimestrielle de TVA signifie-t-elle un reporting trimestriel ?

Non. Le réel normal trimestriel relève d’un reporting mensuel dans le tableau applicable. La fréquence doit être vérifiée séparément pour chaque flux.

L’e-reporting remplace-t-il la déclaration de TVA ?

Non. Ce sont des obligations distinctes. Les données transmises doivent être rapprochées de la comptabilité et des déclarations qui restent à effectuer.

Une entreprise en franchise peut-elle être concernée ?

Oui. La franchise ne retire pas la qualité d’assujetti. Qualifiez les opérations et le flux applicable ; le régime prévoit notamment une fréquence bimestrielle pour les transmissions concernées.

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Thiébaut Devergranne est docteur en droit et fondateur de donneespersonnelles.fr. Il travaille depuis plus de vingt ans sur le droit des technologies et la protection des données personnelles.

Thiébaut Devergranne
Docteur en droit des nouvelles technologies (Paris II)

Docteur en droit, Thiébaut Devergranne travaille en droit des nouvelles technologies et en protection des données personnelles depuis plus de 20 ans. Il a accompagné des centaines d'organisations dans leur mise en conformité RGPD et est le fondateur de Legiscope, logiciel de conformité RGPD.

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