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Vendredi 17 avril 2026
Facturation

Facturation électronique et TPE : obligations allégées

Les TPE bénéficient d'obligations allégées en facturation électronique. Calendrier, solutions adaptées, e-reporting et accompagnement.

Facturation électronique et TPE : obligations allégées

La réforme de la facturation électronique obligatoire concerné l’ensemble des entreprises assujetties à la TVA en France, y compris les très petites entreprises (TPE) et les micro-entreprises. Le législateur a toutefois prévu un calendrier échelonné et des mesures d’accompagnement spécifiques pour tenir compte des contraintes de ces structurés. Cet article détaille les obligations applicables aux TPE, les allégements prévus, les solutions techniques adaptées et les étapes a suivre pour se mettre en conformité.

Champ d’application : les TPE sont-elles concernées ?

Le principe : toute entreprise assujettie à la TVA

La réforme s’applique à toutes les entreprises établies en France qui sont assujetties à la TVA. Cette définition inclut les sociétés de toutes tailles, les entrepreneurs individuels, les micro-entrepreneurs (anciennement auto-entrepreneurs), et les professions libérales assujetties. Les TPE, définies par l’INSEE comme les entreprises de moins de 10 salariés et dont le chiffre d’affaires annuel ou le total du bilan n’excède pas 2 millions d’euros, sont donc pleinement dans le champ.

Les exceptions

Certaines activités sont exclues du périmètre. Les entreprises bénéficiant de la franchise en base de TVA (article 293 B du CGI) sont assujetties mais non redevables de la TVA. Elles sont néanmoins soumises à l’obligation de réception des factures électroniques et aux obligations d’e-reporting. Les entreprises non assujetties (certaines activités médicales, éducatives, sociales exonérées) sont exclues de la réforme.

Le cas des micro-entrepreneurs

Les micro-entrepreneurs sont pleinement concernés par la réforme. Même ceux bénéficiant de la franchise en base de TVA devront être en mesure de recevoir des factures électroniques et de transmettre des données de transaction dans le cadre de l’e-reporting. C’est un changement majeur pour des structurés habituées à des obligations déclaratives minimales.

Le calendrier échelonné

Reception obligatoire pour toutes les entreprises

L’obligation de recevoir des factures électroniques s’impose à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, des la première étape du calendrier. Cela signifie que les TPE doivent disposer d’une solution technique pour recevoir des factures au format électronique structuré (Factur-X, UBL ou CII) via le portail public de facturation (PPF) ou une plateforme de dématérialisation partenaire (PDP). Consultez le calendrier complet de la réforme pour les dates exactes.

Emission obligatoire échelonnée

L’obligation d’émettre des factures électroniques est échelonnée en fonction de la taille de l’entreprise. Les grandes entreprises sont soumises en premier, suivies des ETI, puis des PME et enfin des TPE et micro-entreprises. Les TPE bénéficient donc du délai le plus long pour se conformer à l’obligation d’émission.

Ce délai supplémentaire est un allégement réel qui permet aux TPE de bénéficier du retour d’expérience des entreprises plus grandes, de choisir parmi des solutions qui auront été testées et améliorées, et de se préparer progressivement.

L’e-reporting : un calendrier spécifique

L’e-reporting (transmission de données de transaction à l’administration fiscale) suit le même échelonnement que l’émission de factures. Les TPE bénéficient du même délai supplémentaire. L’e-reporting concerné les transactions non couvertes par l’e-invoicing : ventes aux particuliers (B2C), transactions internationales, encaissements.

Les obligations concrètes pour les TPE

Obligation de réception

À compter de la date d’entree en vigueur de la réception obligatoire, toute TPE doit être en mesure de recevoir des factures électroniques. La solution la plus simple est l’inscription gratuité sur le portail public de facturation (PPF), qui permettra de recevoir et de consulter les factures. Aucun investissement logiciel n’est nécessaire pour cette seule fonction.

Obligation d’émission

Lorsque l’obligation d’émission entre en vigueur pour les TPE, chaque facturé B2B (entre assujettis à la TVA) devra être émise dans un format électronique structuré et transmise via le PPF ou une PDP. Le PDF simple envoyé par email ne sera plus conforme pour les transactions entre assujettis. Les mentions obligatoires doivent figurer dans le fichier structuré.

Obligation d’e-reporting

Les TPE devront transmettre les données de leurs transactions B2C et internationales à l’administration fiscale. Les données transmises sont des données agrégés (montants, taux de TVA) et non des factures individuelles. La periodicite de transmission dépend du régime de TVA : mensuelle pour le régime réel normal, trimestrielle pour le régime simplifié.

Solutions techniques adaptées aux TPE

Le portail public de facturation (PPF)

Le PPF est la solution gratuité mise à disposition par l’État. Il permet la réception, l’émission et la transmission de factures électroniques, ainsi que l’e-reporting. Pour les TPE à faible volume de factures (moins de quelques centaines par an), le PPF constitue une solution suffisante et sans coût. Son interface web permet la saisie manuelle des factures, ce qui convient aux TPE n’utilisant pas de logiciel de facturation.

Les logiciels de facturation compatibles

Les éditeurs de logiciels de facturation (QuickBooks, Pennylane, Tiime, Henrri, Freebe) intègrent progressivement la compatibilité avec la réforme. Ces solutions permettent de générer des factures au format Factur-X ou UBL, de les transmettre automatiquement au PPF ou à une PDP, et de gérer l’e-reporting. Le coût varie de la gratuité (offres d’appel) à quelques dizaines d’euros par mois.

Le choix du logiciel doit prendre en compte la compatibilité avec le PPF et les PDP, la facilité d’utilisation pour un non-spécialiste, la génération automatique des formats conformes, la gestion de l’e-reporting, le coût, et la conformité RGPD (localisation des données, sécurité). Pour le choix d’une PDP, consultez notre guide comparatif.

Les solutions des experts-comptables

De nombreux experts-comptables proposent à leurs clients TPE une solution de facturation électronique intégrée à leur offre de tenue comptable. L’expert-comptable assure la configuration, la conformité et le suivi, ce qui décharge la TPE de la complexité technique. Cette option est particulièrement pertinente pour les TPE déjà accompagnées par un expert-comptable.

L’accompagnement prévu par les pouvoirs publics

Les aides financières

Le gouvernement a annonce des mesures d’accompagnement pour les TPE. Des aides financières peuvent être mobilisees pour l’acquisition de logiciels de facturation conformes. Les dispositifs évoluent régulièrement – le site économie.gouv.fr centralisé les informations à jour.

Les ressources d’information

La direction générale des finances publiques (DGFiP) met à disposition des guides pratiques, des FAQ et des webinaires destinés aux TPE. Le PPF propose une documentation utilisateur adaptée aux non-spécialistes. Les chambres de commerce et d’industrie (CCI) et les chambres des métiers organisent des sessions d’information et d’accompagnement.

Le rôle des PDP

Les plateformes de dématérialisation partenaires proposent des offres spécifiques TPE, souvent avec des tarifs réduits ou des périodes d’essai gratuites. Certaines PDP offrent un accompagnement personnalisé pour la configuration et la prise en main. Il est recommandé de comparer les offres avant de s’engager et de vérifier l’immatriculation effective de la PDP auprès de la DGFiP.

Points d’attention spécifiques aux TPE

Les données personnelles des entrepreneurs individuels

Les TPE sous forme d’entreprise individuelle (dont les micro-entrepreneurs) voient leurs données personnelles figurer dans les factures : nom, prénom, adressé (souvent le domicile), SIREN. La circulation de ces données via les plateformes de facturation doit respecter le RGPD. Le traitement des données personnelles dans les factures fait l’objet d’une analyse spécifique dans notre article dédié. Les TPE doivent être vigilantes sur la sécurité des accès à leur espace sur le PPF ou la PDP.

La conservation des factures

Les obligations de conservation des factures électroniques s’appliquent intégralement aux TPE : six ans au titre du droit fiscal, dix ans au titre du droit commercial pour les commerçants. Le PPF et les PDP proposent un stockage des factures, mais la TPE doit vérifier les conditions de conservation et prévoir une sauvegarde complémentaire.

La transition depuis la facturation papier

De nombreuses TPE émettent encore des factures au format papier ou PDF simple. La transition vers la facturation électronique structurée nécessité une adaptation des habitudes. L’étape la plus importante est le choix et la prise en main d’un outil conforme (PPF ou logiciel compatible) avant la date d’échéance. Une période de test de plusieurs mois est recommandée.

L’impact sur la trésorerie

La facturation électronique accélère les délais de traitement des factures par les clients. Certains experts estiment que la réduction des délais de paiement pourrait bénéficier aux TPE, souvent victimes des retards de paiement. À l’inverse, la transparence accrue sur les transactions pourrait avoir un impact sur les contrôles fiscaux. La piste d’audit fiable reste une alternative pour les transactions non couvertes par le circuit électronique.

Plan de préparation pour les TPE

Six mois avant la date d’échéance

S’informer sur la réforme et ses implications concrètes. Identifier le volume de factures émises et reçues. Recenser les outils existants (logiciel de facturation, tableur, papier). Contacter son expert-comptable pour définir la stratégie.

Trois mois avant

Choisir la solution technique : PPF seul ou logiciel de facturation compatible. S’inscrire sur le PPF et/ou la PDP. Configurer la solution et effectuer des tests. Former les personnes concernées (gérant, assistant administratif).

Un mois avant

Effectuer des tests de bout en bout (émission, réception, e-reporting). Vérifier la conformité des mentions obligatoires. Mettre à jour le registre des traitements RGPD. S’assurer que la solution de conservation est opérationnelle. Pour les enjeux de conformité RGPD de la facturation, consultez notre guide sur la facturation électronique et le RGPD.

FAQ

Un micro-entrepreneur doit-il obligatoirement passer à la facturation électronique ?

Oui. Les micro-entrepreneurs assujettis à la TVA (y compris ceux bénéficiant de la franchise en base) sont concernés par la réforme. Ils doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques des la première échéance, et d’en émettre à l’échéance applicable aux TPE. Le PPF constitue la solution gratuité la plus accessible pour les micro-entrepreneurs à faible volume de facturation.

Le PPF est-il gratuit pour les TPE ?

Le PPF est un service public gratuit, mis à disposition par la DGFiP. L’inscription, la réception, l’émission de factures et l’e-reporting sont gratuits. Toutefois, les fonctionnalités du PPF sont basiques et ne remplacent pas un logiciel de facturation pour les entreprises ayant des besoins de personnalisation, de gestion des relances, de tableaux de bord ou d’intégration comptable. Pour les TPE a très faible volume, le PPF peut suffire. Pour les autres, un logiciel de facturation compatible est recommandé.

Quelles sanctions risque une TPE qui ne respecte pas les échéances ?

Les sanctions prévues pour le non-respect de l’obligation de facturation électronique s’appliquent à toutes les entreprises, y compris les TPE. L’amende est de 15 euros par facturé non émise conformément, plafonnée à 15 000 euros par année civile. Pour l’e-reporting, l’amende est de 250 euros par transmission manquante, plafonnée à 15 000 euros par année civile. Ces sanctions sont proportionnées mais non negligeables pour une TPE. Les sanctions de la facturation électronique sont détaillées dans notre article dédié.